Edito de Frank Alétru, Président du Syndicat National d’Apiculture

POUR UNE LOI D’URGENCE
POUR LA PROTECTION
ET LA SOUVERAINETÉ AGRI APICOLES

 

Après deux semaines de débats, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA) en faisant fi des reculades en matière
environnementale et il ne répondra en rien aux attentes réelles des agriculteurs sur le terrain. De leurs côtés, les autres ministères tels que celui de la Transition écologique,
celui de la Santé, ou encore celui de l’Économie restent complaisamment silencieux alors qu’ils auront à gérer les effets délétères que cette pseudo loi d’urgence engendre par ses
laxismes dangereux et ses orientations irresponsables, favorisant une agriculture non durable.
De plus, si cette loi venait à s’appliquer, elle serait tout autant désastreuse pour l’apiculture française.
S’il fallait soutenir dans l’urgence une filière, c’est bien la filière apicole qui mériterait une véritable loi d’urgence apicole qui serait digne de ce nom, car après la déception générée
par le grand vide du tant attendu Plan de lutte national contre le frelon asiatique, le doute est plus que permis quant aux capacités des ministères à régler concrètement et efficacement les domaines dont ils ont la charge. Les désastreux résultats économiques de la France et la montée du chômage n’en sont que la confirmation.

Que devrait contenir une loi d’urgence apicole en réponse aux attentes de la filière ?
Même si le début de la saison apicole a été généralement propice à des récoltes de miel encourageantes, les inquiétudes et les attentes des apiculteurs sont nombreuses et
sont en opposition avec les orientations de la loi d’urgence concoctée sur mesure par le ministère de l’Agriculture pour répondre aux exigences exclusives d’une agriculture productiviste non durable.
En tout premier lieu, pour la préservation du cheptel apicole, il faut maintenir l’indépendance de l’ANSES, et le réexamen régulier des autorisations de mise en marché des pesticides en tenant compte de l’avancée des connaissances, mettre un terme aux dérogations multiples et à répétition qui permettent de maintenir sur le marché des matières actives pourtant reconnues toxiques.
La filière apicole fait face à une pyramide des âges des apiculteurs qui amène à une augmentation massive du nombre d’entreprises apicoles qui vont se trouver sur le marché. Il est urgent et indispensable de mettre en place des mesures facilitant leur transmission et d’améliorer le niveau de formation professionnelle dans le cadre du BPREA qui doit être réadapté au contexte actuel.

Les aides à la modernisation des entreprises apicoles doivent être largement augmentées pour garantir leur rentabilité. Les aides de FranceAgriMer doivent être massivement fléchées dans ce sens en augmentant non seulement le montant du budget alloué, mais aussi le pourcentage de l’aide.
La souveraineté alimentaire, argument qui est au-devant de l’actualité, devrait être accompagnée de la notion de priorisation obligatoire de l’achat de la production nationale des miels de France avec la fixation annuelle de prix planchers et soutenue par une grande campagne nationale de promotion.
Dans ce but et pour la seconde année, le Syndicat National d’Apiculture invite tous les apiculteurs de France, ainsi que toutes les structures apicoles départementales associatives ou syndicales à ouvrir les portes de leurs mielleries et à faire découvrir leurs récoltes dans le cadre de la deuxième édition de la Grande fête nationale des miels de France et des pollinisateurs, fin septembre. La diversité des miellées de cette année est une opportunité à saisir pour faire découvrir aux consommateurs la palette des miels de France.
Le grave fléau que représente le frelon asiatique doit être réellement pris au sérieux par les deux ministères concernés. Il est impossible de se contenter de cette mascarade de Plan de lutte nationale et il faut mettre sur pieds un modèle réellement efficace, axé sur la protection des colonies, tel que l’avait proposé le SNA.

La facturation électronique est une charge financière supplémentaire et chronophage qui ne se justifie aucunement compte tenu des petits chiffres d’affaires réalisés par la très grande majorité des apiculteurs. Un seuil devrait être déterminé sous lequel l’apiculteur en serait exempté, le SNA œuvre dans ce sens.

En soutien à la presque centaine de petits producteurs et après une première victoire au tribunal d’Annecy, le SNA poursuit son action juridique pour mettre un terme au racket auquel se livre la MSA.

Le mois de juin voit enfin l’application d’une réglementation européenne en faveur d’un étiquetage réellement transparent et informatif pour le consommateur concernant les pays d’origine des miels mis en mélange dans les pots avec l’indication des pourcentages de chacun de façon claire et lisible. Le résultat de presque 15 années de combat menées par le SNA auprès des autorités nationales et européennes. Une belle victoire encourageante pour toute la filière et qui devrait permettre d’améliorer la commercialisation de nos beaux miels de France.

 

Pour plus d’informations, consultez le site de L’Abeille de France