Edito de Frank Alétru, Président du Syndicat National d’Apiculture

LE SYNDICALISME APICOLE, C’ EST VOUS !

Tout d’abord, ayons une pensée pour nos collègues qui ont subi les terribles inondations du mois de février. Sans aucun doute, la solidarité apicole aura été au rendez-vous. La répétition de ces évènements climatiques nous impose plus que jamais, lors de l’implantation de nos futures constructions ou de la mise en place de nos ruchers, de prendre en considération les risques d’inondation dont le périmètre des zones concernées
s’est largement étendu.

Le 11 février dernier, une fois de plus, les ONG environnementales, les associations de protection de la santé, les apiculteurs du Syndicat National d’Apiculture et de l’Union Nationale de l’Apiculture Française se sont mobilisés massivement dans les régions et à proximité de l’Assemblée nationale pour s’opposer à la proposition de loi Duplomb 2 déposée par le sénateur Laurent Duplomb qui s’acharne, entre autres hérésies, à légaliser
le retour de l’acétamipride au détriment de la santé des abeilles et des autres pollinisateurs. Par votre constante mobilisation, nous pouvons gagner, pensez à signer la nouvelle pétition*. Le syndicalisme apicole, c’est vous !
En renouvelant cette proposition, ce sénateur piétine la première pétition qui avait rassemblé plus de deux millions de signatures de citoyens, de scientifiques et d’experts qui s’opposaient à son premier texte de loi et il méprise aussi le récent soutien du Conseil national de l’Ordre des médecins qui confirme les risques pour la santé publique.
Mais pour qui se prennent-ils, ceux qui soutiennent cette proposition de loi ?
La re-présenter aujourd’hui relève de l’irresponsabilité ou de la malhonnêteté. Car en refusant de prendre les décisions que la science impose, par leur laxisme ou leur complaisance, voire leur complicité, tous ces parlementaires favorables à ce texte endossent la responsabilité d’une partie importante de la dégradation de l’état de notre planète et de notre santé.
La loi d’orientation agricole suit, elle aussi, cette logique de pensée mortifère. Car en autorisant un produit interdit en l’absence d’alternatives économiquement viables, on rend l’eau, la terre, et l’air non humainement viables. Inévitablement, ces élus auront un jour des comptes à rendre devant les citoyens, et ils devront expliquer pourquoi ils protègent les fonds financiers au détriment d’un surcoût de la gestion de la santé publique
et de l’environnement.

Les beaux jours arrivent, annonciateurs de la reprise des achats de reines en provenance de l’étranger. Comme vous le savez, le redoutable acarien Tropilaelaps est aux portes des pays de l’est de l’Union européenne. Contre cet acarien plus petit, plus rapide et moins visible encore que le varroa, il n’existe aucun traitement disposant d’une autorisation d’emploi.
Face à l’extrême danger de cette situation, le Syndicat National d’Apiculture a demandé au Commissaire européen ainsi qu’à l’ensemble des services compétents du ministère de l’Agriculture d’accentuer les mesures de protection et de contrôle des reines et des essaims d’importation en provenance des pays limitrophes à risque. Et d’interdire l’importation de reines et de colonies d’abeilles en provenance des pays où Tropilaelaps est présent. La plus grande discipline doit s’appliquer au sein de l’ensemble des maillons de notre filière et doit nous refuser à toute importation de reines et d’essaims d’abeilles issus de ces pays. La sécurité de nos élevages, c’est nous tous !

Concernant le frelon asiatique à pattes jaunes, la réunion qui s’est tenue le 19 février au ministère de la Transition écologique nous a à nouveau confirmé qu’il ne se passera rien de concret en matière de lutte collective à l’initiative de l’État.
Aucune stratégie n’a été étudiée depuis mars 2025 et aucun soutien économique ou accompagnement financier en faveur de la protection des ruchers ou de la lutte collective n’est prévu pour cette année. Face au dénuement du ministère de la Transition écologique en panne de solution, la FNOSAD, le SNA, l’ONG Terre d’Abeilles et l’UNAF ont présenté un plan de protection des ruchers ainsi qu’une estimation des coûts. Il contient aussi un appel au financement de la Recherche pour la mise au point d’un appât fonctionnant selon le principe du « Cheval de Troie » dans les plus brefs délais. Le document a aussi été transmis au ministère de l’Agriculture car d’autres filières agricoles sont aussi sérieusement impactées par la dégradation de leurs récoltes.
Pour 2026, nous devrons protéger nos ruchers par nos propres moyens. Alors, au sein de vos structures départementales, organisez des ateliers collectifs pour la fabrication de harpes électriques ou de nasses coréennes, équipez-vous de caméras thermiques. Le syndicalisme apicole, c’est aussi cela !

 

* https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103

 

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