9h00 – 10h00 : Françoise SAUVAGER
La propolis et son utilisation comme compléments des thérapeutiques conventionnelles

La propolis est cette résine récoltée par les abeilles sur les bourgeons et écorce de certaines plantes.
Elle est utilisée par l’homme depuis des millénaires pour ses propriétés antimicrobienne et cicatrisante ; mais actuellement de nouvelles propriétés ont été mises en évidence : la propolis est anticancéreuse, antiinfl ammatoire, antidiabétique, antioxydante et est utilisée en complément des thérapeutiques classiques dans des domaines aussi variés que la dermatologie, la cancérologie, la gastroentérologie, la cardiologie et même au niveau de la sphère neuropsychique…
Les différentes formes galéniques et la posologie seront décrites ainsi que les effets indésirables.

9h00 – 10h00 : Dr Axel DECOURTYE
La disparition des butineuses : épopée scientifique et controverse

Directeur Scientifique et Technique de l’ITSAP – Institut de l’abeille – Tél. : 04 32 72 26 54 / axel.decourtye@acta.asso.fr

Au milieu des années 1990, des apiculteurs sonnent l’alerte après leurs observations de ruches dépeuplées et de récoltes de miel diminuées lors de la floraison du tournesol.
L’absence d’amas d’abeilles mortes devant ou dans les ruches les amène à supposer un non-retour à la ruche des butineuses exposées à un insecticide nouvellement utilisé sur le tournesol et appartenant à la famille des néonicotinoïdes.
Un récit scientifique plein « de tumultes et de rebondissements » débute alors pour comprendre si les faibles quantités d’insecticides détectées dans le nectar ou le pollen peuvent expliquer les anomalies constatées par les apiculteurs dans leurs colonies.
Durant vingt ans, par des aboutissements méthodologiques successifs, et grâce à un partenariat pluridisciplinaire, il a fallu répondre pas à pas aux controverses, pour finalement démontrer que le butinage sur des fleurs contaminées par de faibles quantités de résidus de néonicotinoïdes peut provoquer la disparition des butineuses.

9h00 – 10h00 : Jean PENOT
Les vêtements et gants de protection de l’apiculteur – Législation européenne

Société Bovie GmbH, Viersen, Allemagne

Les vêtements et gants de protection pour apiculteurs sont des “Équipements de Protection Individuels” selon la définition du Code du Travail, qui ne fait pas de différence entre professionnels et amateurs.
La catégorisation de ces équipements et l’obligation de leur homologation est entrée en vigueur suite aux décisions des experts siégeant à Bruxelles au sein du Comité de suivi de la Directive visant à uniformiser les normes des différents pays de l’Union Européenne.
De plus la Directive a été transformée en avril 2018 en Règlement. Ceci signifie que l’application des recommandations est maintenant devenue obligatoire dans chaque pays de l’Union.
L’exposé présente les points essentiels du règlement et précise quelles sont les conséquences pour les producteurs, les importateurs et les revendeurs ainsi que pour les apiculteurs.

11h00 – 12h00 : Bernard SAUVAGER
Le rôle des faux-bourdons en élevage et sélection

Après avoir été longtemps ignorée, l’importance des mâles en élevage apicole est maintenant reconnue.
Le mode de reproduction de l’abeille : à la fois la polyandrie et la parthénogenèse seront présentés ; ainsi que leurs conséquences pour un objectif de sélection ou de production de reines.
Pour terminer, nous verrons en quoi l’élevage de faux-bourdons de qualité est une tâche contraignante pour une colonie d’abeilles, mais aussi fondamentale pour l’apiculteur-éleveur et le sélectionneur ou multiplicateur de reines et/ou de colonies d’abeilles.

11h00 – 12h00 : Claude COLLET
Evolution récentes des méthodes toxicologiques in vitro et in silico : pour mieux prédire les effets des pesticides

Chargé de Recherche à l’INRA PACA – UR 406 Abeilles et Environnement – Site Agroparc, Domaine Saint-Paul – 84914 AVIGNON Cedex 9, France / claude.collet@inra.fr

La majorité des insecticides utilisés en France sont des composés de synthèse qui agissent sur le système neuromusculaire des insectes, en altérant notamment les fonctions vitales du cerveau, des nerfs, des muscles et du tube cardiaque. Aux doses préconisées en plein champ, l’exposition des insectes conduit à des effets puissants qui compromettent souvent le pronostic vital à très court terme. A des doses d’exposition plus faibles, les effets sublétaux peuvent cependant être durables, compromettant à plus long terme la survie de l’insecte. Malgré les grandes avancées récentes en matière de toxicologie, les tests réglementaires pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) restent rudimentaires et ont clairement montré leurs limites dans la prédiction des effets des insecticides à des doses d’exposition faibles. Les tests locomoteurs que nous avons récemment développés chez les abeilles se révèlent quant à eux être de bons indicateurs pour améliorer le caractère prédictif des tests toxicologiques. De même, nos approches cellulaires qui permettent de caractériser les effets moléculaires des insecticides chez les abeilles domestiques et sauvages ont un potentiel prédictif, à l’instar des méthodes in vitro et in silico utilisées de manière routinière en pharmacotoxicologie humaine. Ces méthodes sont remarquables et pertinentes car conformes à la ‘règle des 3 R’ régissant l’expérimentation animale moderne : ‘Raffiner, Réduire, Remplacer’.

11h00 – 12h00 : Dr Karine LECOINTE et Camille DEKUIJPER
Développement de biocapteurs à sondes oligonucléotidiques et immunologiques pour la détection de pathogènes et d’agents de biocontrôle en temps réel.

Dr Karine LECOINTE : Equipe 2, LIRIC -UMR 995 – Fungal Associated Invasive & Inflammatory Diseases – Faculté de Médecine, Pôle Recherche, 4è étage épicentre Est – 1 Place Verdun, 59037 LILLE CEDEX / karine.lecointe@inserm.fr

Camille DEKUIJPER : CARAH – Rue Paul Pastur, 11 – 7800 Ath – BELGIQUE

L’utilisation massive de fongicides dans l’agriculture entraine l’émergence de souches pathogènes plus résistantes à ces produits. Les parasitologues mycologues soupçonnent aujourd’hui que cette altération des écosystèmes soit responsable de l’apparition, chez l’homme, de nouvelles souches résistantes pour lesquelles il n’existe actuellement aucun traitement.
Au sein du portefeuille de projets SMARTBIOCONTROL (programme Interreg), le projet BIOSENS rassemble les expertises transfrontalières de physiciens, biologistes et immunologistes afin de développer une nouvelle génération de “biopuce” permettant d’assurer la détection, la quantification et le monitoring in situ de pathogènes, des agents et/ ou des molécules de lutte biologique. La conception de cet outil repose sur l’association
des nouvelles méthodes moléculaires de caractérisation, fondées sur une reconnaissance de l’ADN ou de marqueurs protéiques, avec le phénomène physique de résonance plasmonique de surface (SPR).
Les avantages de cette technique résident dans la rapidité de l’analyse, sa très haute sensibilité et la flexibilité du système qui peut être spécifiquement adapté à une cible.
Dans notre cas, nous nous sommes focalisés sur Zymoseptoria tritici, un agent pathogène responsable de la septoriose du blé. Nous exposerons lors cette conférence les premiers résultats concernant le design de sondes oligonucléotidiques et immunologiques sur lesquelles ont travaillé les laboratoires de biotechnologie du C.A.R.A.H. et du C.H.R.U. de Lille.
La mise au point de cette nouvelle technologie pourra être applicable à tout pathosystème afin de détecter le plus précocement un organisme pathogène et donc d’adapter un traitement contre ce micro-organisme. Ce système, par le design de sondes spécifiques, pourrait être adaptable à la détection des pathogènes s’attaquant à l’abeille tels que le Varroa, Nosema cerenae, Ascophaera apis ou encore Paenibacillus larvae en faisant des prélèvements au niveau des ruches.

14h00 – 15h00 : Dr Éric DARROUZET
14 ans après son introduction, que savons-nous du frelon asiatique Vespa velutina ?

Université de Tours, Faculté des Sciences – Parc de Grandmont – 37200 Tours, France / eric.darrouzet@univ-tours.fr

Le frelon asiatique, ou frelon à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) est arrivé en France vers 2004. Depuis cette date, cette espèce invasive s’est répandue sur le territoire
national, mais aussi en Europe. Depuis, outre la France, le frelon est présent au Portugal, en Espagne (dont l’île de Majorque), en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Ce frelon est aussi une espèce invasive dans d’autres régions du globe, comme la Corée du Sud et le Japon.
Depuis son introduction en France, que savons-nous maintenant sur ce frelon ? Quels problèmes pose-t-il ? Des solutions existent-elles ?
Des travaux de recherche ont été entrepris afin de mieux connaître la biologie et l’écologie de V. velutina et de mettre en place des outils de lutte adaptés, sélectifs et efficaces. V. velutina est un prédateur généraliste qui fait de nombreux insectes ses proies potentielles. Néanmoins, l’impact écologique de cette prédation reste inconnu à ce jour. En Europe, V. velutina est devenu une des principales menaces de l’abeille domestique Apis mellifera, qui semble totalement incapable de se défendre contre ce prédateur. De nombreux apiculteurs rapportent des pertes de colonies suite à cette prédation. Des études de génétique et d’écologie chimique montrent que plusieurs colonies de frelons peuvent attaquer un même rucher. Afin de protéger les colonies d’abeilles, les systèmes de communication chimique du frelon (signatures chimiques des insectes et des nids, phéromone d’alarme et phéromone sexuelle) ont été analysés pour les détourner et les utiliser dans des pièges sélectifs. L’expansion de l’animal en France et en Europe a été aussi modélisée ; les résultats montrent encore des transports liés aux activités humaines entre des territoires européens. Cet aspect est appuyé par nos études sur le rythme d’activité des colonies et les capacités de vol des individus. Néanmoins, l’analyse de la composition des colonies de frelons montre un impact lié à des conditions de consanguinité. Des mâles sont ainsi produits à la place de femelles (ouvrières et reproductrices). De plus, V. velutina a
commencé à interagir avec d’autres espèces locales (prédateurs, parasitoïdes, virus…) parfois à son détriment.
L’ensemble des connaissances acquises et en cours d’acquisition devrait permettre de déboucher à terme sur un meilleur contrôle de ce frelon invasif.

14h00 – 15h00 : William BOURGUET
La mise en évidence du mécanisme de l’effet cocktail

Directeur de Recherche au Nuclear receptors as integrators of endogenous and environmental signals – Center for Structural Biochemistry – CNRS UMR5048 / INSERM U1054 – 29 rue de Navacelles – 34090 Montpellier, France / william.bourguet@cbs.cnrs.fr

Les organismes vivants sont constamment exposés à de multiples composés chimiques exogènes, appelés xénobiotiques. Cette exposition se fait au travers de l’alimentation, de la médication, ou encore de l’utilisation de produits domestiques ou industriels.
Certaines de ces molécules telles que les bisphénols, les phtalates, les parabènes, ou encore certains pesticides, sont capables d’altérer le fonctionnement normal du système hormonal. Connues sous le nom de perturbateurs endocriniens, ces substances sont à l’origine de troubles du développement, de la reproduction ou du métabolisme (obésité, diabète), et même de cancers.
Une étude récente vient de montrer qu’au-delà de leurs effets individuels, ces composés peuvent voir leur activité décuplée lorsqu’ils sont contenus dans un mélange.
Ce phénomène appelé “effet cocktail” pourrait expliquer les effets des perturbateurs endocriniens à faibles doses et remet en question les seuils réglementaires déterminés à partir des composés pris individuellement.

11h00 – 12h00 : Bernard SAUVAGER
Le rôle des faux-bourdons en élevage et sélection

Après avoir été longtemps ignorée, l’importance des mâles en élevage apicole est maintenant reconnue.
Le mode de reproduction de l’abeille : à la fois la polyandrie et la parthénogenèse seront présentés ; ainsi que leurs conséquences pour un objectif de sélection ou de production de reines.
Pour terminer, nous verrons en quoi l’élevage de faux-bourdons de qualité est une tâche contraignante pour une colonie d’abeilles, mais aussi fondamentale pour l’apiculteur-éleveur et le sélectionneur ou multiplicateur de reines et/ou de colonies d’abeilles.

16h00 – 17h00 : Dr Luc P. BELZUNCES
Effets des cocktails de pesticides en association avec des agents pathogènes chez l’abeille

Directeur de Recherche à l’INRA – Laboratoire de Toxicologie Environnementale – UR 406 A&E – 228 Route de l’Aérodrome – CS 40509  – 84914 Avignon Cedex 9 – France / luc.belzunces@inra.fr

Par son activité de butinage, dans un rayon pouvant s’étendre jusqu’à 12 km autour
de la ruche, les abeilles sont en contact avec un grand nombre de stresseurs environnementaux. Parmi ces stresseurs, les polluants chimiques, particulièrement les pesticides, et les agents pathogènes sont considérés comme des causes majeures pouvant avoir de forts impacts néfastes sur les colonies d’abeilles.
Les pesticides peuvent agir seuls pour induire une toxicité chez l’abeille. Cette dernière pourra se manifester au niveau létal, en provoquant la mortalité des individus ou de la colonie d’abeilles, mais aussi au niveau sublétal par des effets ayant des impacts sur la longévité, la vitalité ou la fonctionnalité des individus.
Cependant, si beaucoup d’études ont été consacrées jusqu’à présent aux abeilles exposées aux pesticides seuls, les effets des mélanges de pesticides n’ont fait l’objet que de peu de travaux. Ainsi, les pesticides peuvent induire des effets additifs ou synergiques qui peuvent se manifester chez les abeilles non seulement par l’induction d’une mortalité mais aussi par des altérations des fonctions physiologiques qui compromettent la survie des individus ou qui les empêchent d’effectuer correctement leurs tâches au sein de la colonie.
Les agents pathogènes peuvent provoquer des maladies chez les abeilles.
Ils sont capables d’agir seuls mais aussi en association avec d’autres pathogènes ou en association avec des polluants chimiques, notamment les pesticides.
Le fait le plus intéressant est que les interactions néfastes entre les stresseurs peuvent s’effectuer à bas bruit, c’est-à-dire en dehors de toute toxicité observable, pour les pesticides, et en l’absence de tout symptôme de maladie, pour les agents pathogènes.
Dans cette étude, l’attention a été portée sur les insecticides, les fongicides et un herbicide, le glyphosate, seuls, en cocktails ou associés à des pathogènes.

16h00 – 17h00 : VETO-PHARMA
Traitement Varroa : Oxybee, un nouveau traitement à base d’acide oxalique ; et retour sur 20 années d’utilisation d’Apivar en France.

Oxybee est un nouveau traitement contre le varroa, utilisable en apiculture biologique, à base d’acide oxalique, glycérol et d’huiles essentielles d’anis et d’eucalyptus. La formule au glycérol est la principale nouveauté amenée par Oxybee car cet ingrédient améliore l’adhérence de l’acide oxalique sur les abeilles1 et par conséquent sa distribution par contact. Lors d’un essai terrain, Oxybee s’est montré plus efficace comparé à un médicament à base d’acide oxalique et de saccharose sans glycerol.2
Apivar, traitement varroa à base d’amitraz utilisé dans les ruchers français depuis 1995, vient cette année d’être exonéré de prescription vétérinaire par un avis de la DGAL. Un changement dans le paysage apicole français, et l’occasion pour nous de revenir sur ces 20 années de lutte commune contre Varroa. Apivar est aujourd’hui utilisé pour traiter de plus de 5 millions de colonies dans plus de 30 pays dans le monde.

1.Laub, E.,Marx R(1987) Glycerin, a natural ingredient of honey, Lebensmittel chem. Gerichtl. Chem.41, 110.
2.Efficacy trial Oxybee – Germany 2012 (étude présentée dans le dossier d’autorisation de mise sur le marché)